ARTISTES HAPPYNEST #1

ARTISTES HAPPYNEST #1 2017-2018

 

Amélie Poirier // Voilées

Amélie Poirier est née dans une famille de brodeurs et de brodeuses du Nord de la France. Il paraît que son arrière grand -père est parti en Algérie au début du XXème siècle pour commercer. Dans sa mythologie familiale et de part cet artisanat, il y a donc des allers-retours incessants entre ce village du Nord de la France et le Maghreb et la violence supposée d’un regarde colonial.
Voilées est un dialogue entre une comédienne/performer - qui porte sa parole et celles d’autres femmes autour de « la question du voile » - une danseuse qui manipule des tissus brodés en provenance de ce village et une musicienne électro-acoustique qui travaillera notamment à partir des sons de machines textiles.
Depuis 2013, Amélie Poirier travaille à Villers-Outréaux et dans les communes alentour - le village «familial» du Nord de la France - et s’entretient notamment avec des habitants autour des textiles (elle travaille ensuite ces textes de façon à les mettre en scène à travers des lectures sur le territoire : ce projet est notamment soutenu par le Département du Nord et la Région).
Ce projet - bien que distinct de ce spectacle en cours de création - lui permet d’avoir un premier état des lieux des liens complexes « textile Vs territoire ».

 

Marion Sage // En Voût

Je termine une recherche de doctorat sur des artistes de l’entre-deux-guerres dont les prises de positions politiques les ont conduits à créer dans un contexte de survie, l’exil de l’Allemagne nazie. Face aux archives photographiques de ces corps et au récit de ces artistes, émergent des questions déstabilisantes : qu’est-ce qui fait politique en danse ? Existe-t-il un «geste politique» par-delà les idées politiques ?
Ma recherche chorégraphique actuelle tente de mettre en mouvement cette réflexion.
Il ne s’agit pas de faire de la politique mais d’expérimenter différentes façons de «prendre position» à partir de discours que les interprètes ont dans les oreilles. L’expression «prendre position» sera ainsi saisie dans plusieurs de ses acceptions. «Où se situer et comment s’orienter ?» sont des questions qui se posent à plusieurs niveaux. D’où partons-nous et vers quelle direction nous orienter ?
On peut centrer son attention sur un point charnière de notre corps propre mais il est aussi possible de s’envisager dans un espace plus vaste, voire gigantesque, à l’échelle de l’espace, du système planétaire…
Le positionnement social lui-même est régi par des questions d’orientation : plus à droite que la droite, à l’extrême gauche, toujours à côté de son voisin.
Les corps des trois interprètes sont toujours en lien : chacune évolue dans l’espace en gardant le même point de repère sur le corps d’une autre. A l’intérieur de cette interconnexion qui compose le mouvement global des corps dans l’espace, les danseuses sont immergées dans un montage sonore, différent pour chacune. Ce montage influence le rythme, la présence, les gestes des interprètes. Ce qu’elles entendent est parfois sonorisé : par leurs propres voix ou par l’intervention d’une artiste sonore qui rend audible, aux spectateurs, certains passages des bandes sons.

 

Ardestop // In Mortem

L’intention première est de mettre en scène une farce, un conte, une fiction tirée de faits réels.
Nous recherchons à aborder des questions contemporaines basées sur les recherches scientifiques et médicales les plus poussées en terme de transhumanisme. Qu’il s’agisse de biotechnologies, d’humains augmentés, de bio-médecines, de séquençage ADN ou d’objets connectés, notre société évolue de manière inattendu. Nos prochaines grandes révolutions se dérouleront à l’intérieur de nos corps. Nous allons aborder l’aspect philosophique de ces futurs «grands chamboulements éthiques». Tout l’intérêt que nous portons à ces grandes recherches et inventions, ne se basera pas sur l’existant. Non. Notre point de départ est l’imagination comme source d’invention. Artistiquement nous allons contourner ces sujets pour n’aborder qu’une question : La vie (éternelle) a-t-elle un sens ?
Nous parlons des normes qui se fixes dans nos sociétés d’excellence et de réussite. Ces normes deviennent des références de santé jusqu’à définir la qualité de notre intestin grêle. Nous savons que nous serons toujours le malade d’un autre. Nous questionnons le fait que le premier vecteur de réussite soit notre bonne santé. Que cette santé soit au même niveau que nos salaires, nos promotions ou nos avantages. Nous questionnons la santé de la société par l’exemple. Sommes-nous devenu qualitatifs et évaluables ? Partant de là, être défaillant deviendrait l’un des symptômes déclenchant le refus, le rejet, le renvoi que cette « future société » jugera à son bon vouloir. Quelle position prendre dans le royaume au mètre-étalon du "Je" ?

AMELIE POIRIER

MARION SAGE

ARDESTOP

 

ARTISTES HAPPYNEST #2

ARTISTES HAPPYNEST #2 2018-2019

 

Amélie Marneffe // Celebration

Celebration examine les relations entre sensation et appartenance. En utilisant des matériaux comme des cordes et des microphones, les artistes génèrent des environnements qui deplacent notre attention sur des détails subtils aux effets plus grands.

Le but de ces changements est de révéler les moyens dont notre conscience, c'est-à-dire nos perceptions de nous-mêmes par rapport ànos mondes, affecte notre sentiments de connexion.

Finalement la performance aspire à créer un sentiment de célébration à travers la coexistence de la différence et de l’unité.

Thibaud Le Maguer // En Lieu Sûr

Ma démarche artistique se situe à mi-chemin entre les arts visuels et la chorégraphie. Avec mes pièces et performances, je mets en place des dispositifs plastiques, activés par des danseurs, afin de construire une poétique des transformations. Sons, corps, lumières s’enchevêtrent et par ce maillage invitent les spectateurs à construire eux-même ce qu’ils sont en train de percevoir.
Avoir des attentions envers / veiller à / employer tous les moyens à sa disposition / s’occuper du bien être / entourer / s’intéresser attentivement / avoir le souci du détail / s’efforcer pour aboutir/ faire ce qu’il faut pour guérir
Avec ce spectacle, nous inventons des gestes chorégraphiques, sonores et lumineux qui visent à apporter un semblant de soin aux autres, mais un semblant de soin aussi vrai que possible. L’enjeu artistique de ces pratiques de (faux) soin est d’ouvrir un champ d’exploration propice pour questionner la notion de consentement et pour s’en affranchir.  Parce que si un consentement peut être donné, il peut aussi être arraché. Parce que si consentir peut signifier choisir, désirer et vouloir, il signifie aussi obéir, fléchir ou être forcé.  Alors, peut-on se rencontrer sans avoir à (non) consentir ? Comment partager une telle expérience avec un public ?

 

 

Julie Gouju // Faon

Dans la nature, il est inscrit, et communément admis, que quelque chose doit cesser pour que la vie se renouvelle. Pour qu'une suite soit donnée aux éléments, et pour que dans ces prolongations se profilent des formes nouvelles. Le rite du sacrifice dans les sociétés se fait l'écho de cette nécessité. FAON est un concert-chorégraphique pour l’interprète chantant et dansant Liaam Iman, à travers l'imaginaire du sacrifice et les transformations qui en sont issues. Imaginer le chant d'un sacrifié, un peu avant sa mise à mort. Poser la question de l'actualisation de cette figure. Traquer les marques du tragique à travers notre monde, normalisé et faussement délicat. FAON est un choeur-solo contemporain qui cherche à dévoiler qui ou ce qu'on fait mourir aujourd'hui. Depuis les périphéries de toutes sortes, des communes aux identités, des lieux de production aux désirs secrets, la pièce tente de cerner, par le rythme, le mouvement et la voix, cette part de soi qui, selon les circonstances, est mise en péril et ouvre d'autres voies. Que devient-on lorsqu'une part de soi nous abandonne, ou nous est retirée ? Que sacrifie-t-on de son identité quand le changement est inéluctable ?

ARTISTES HAPPYNEST #3

 

ARTISTES HAPPYNEST #3 2019-2020

 

Caroline Décloitre (Hej Hej Tak) // Puisque nous sommes sauvages

Dans un monde de la communication et des discours qui coulent à flots, la place laissée à la parole sincère n’est pas si évidente. Je peux être en relation, virtuelle et physique, avec des millions d’individus, mais est-ce suffisant pour que une solitude + une solitude, ça fasse des gens moins seuls ? Avec 750 amis facebook, à qui écrivons-nous quand on écrit ?

Avec Puisque nous sommes sauvages je souhaite explorer le temps même de la rencontre entre deux individus. Dilater cet instant, l’étirer, afin de questionner les conditions de sa réalisation. Donner à voir les difficultés comme la jouissance de partager avec l’autre, ses mondes intérieurs et intimes. Raconter la gêne, l’envie, l’ennui, la vacuité parfois aussi, des mots dans la rencontre. Et appréhender l’intimité comme espace de construction d’une micro-communauté, la naissance d’une nouvelle pluralité. Acte de résistance contre nos solitudes.

Puisque nous sommes sauvages est une pièce conçue pour 2 interprètes investissant les mécanismes de la rencontre.

A deux, ils cherchent comment se parler, et s’entendre à plein volume. Ils cherchent à s’approprier un espace d’expression qui n’aie pas été usé avant eux et dans lequel faire résonner leurs mots. Ils cherchent leur voix. Par le corps, par les sons, par le souffle.

Ils explorent une gestuelle provoquée par le bégaiement, l’incapacité à dire, le rougissement, les lapsus... Ce sont ces essais, ces échecs, cette persévérance dans la nécessité à dire qui générerons le mouvement. Nos recherches autour du texte et de la parole comme matière sonore se tisseront alors à l'écriture gestuelle de ce duo, faisant résonner le «bégaiement poétique» de cette rencontre, l'altération du langage provoqué par la collision entre deux solitudes.

 

 

Simon Capelle & Mélodie Lasselin (Zone Poème) // Barbare

Comment parler, comment imaginer ce qui n’est plus là, ce qui manque, si l’on a pas conscience de ce vide, de cette absence ? Notre recherche élabore une histoire en plusieurs épisodes, performances ou représentations, impliquant l’ensemble des pays européens dans un récit mythologique sur l’amour et la relation à l’Autre. Nous créons un musée éphémère et nomade d’oeuvres vivantes, captées dans cette entreprise de traduction, toujours en métamorphose, avec le désir d’accueillir le passage des spectateurs, de lui permettre de voir, d’entendre, de sentir une Europe poétique, politique, commune.

Notre recherche prend la forme d’un spectacle vivant entre performance et représentation où les spectateurs sont libres de rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent, comme dans une exposition muséale. Nous travaillons avec des musiciens, des photographes, des plasticiens, des scénographes pour concevoir un espace entre le musée et le plateau. Un espace vivant aux métamorphoses toujours nouvelles, où tout est réalisé à la vue des personnes présentes pour partager l’expérience de la traduction, donner la possibilité à chacun de percevoir le processus nécessaire à la transformation des épisodes.

Le premier lieu, c’est notre corps. Interprètes, nous le sommes, de langages, de formes, d’images, de textes, de sons. Nous allons sur les lieux européens de la mémoire, de la représentation, de la culture. Nous recueillons les pensées, les paroles, les différences et nous chargeons ensuite le plateau de catalyser nos souvenirs et nos émotions. Nous cherchons toujours la diversité, non pas construire une succession, une liste amplificatrice, mais bien une transformation des énergies et des regards. Chaque épisode décide pour lui-même de sa constitution et se lie aux autres par la présence de ceux qui vivent dans l’espace à ce moment-là.

Comme artistes performers, notre visée est le partage en temps réel, la découverte, l’expérience collective, l’amitié. Nous posons la question : quelle traduction opérer pour vivre l’Europe de demain ?

 

 

Scheherazade Zambrano (La Malagua) // K( )SA

Scheherazade vient de l’eau; elle est née à Mexico, une ville bâtie sur de l’eau qui bouge en permanence et nous rappelle qu’elle est vivante et que le mouvement est nécessaire pour trouver des équilibres.

Avec K( )SA elle se jette dans le vide et entre flottation et suspension elle se questionne : qu’est-ce qui nous soutient ?  

La recherche des états de gravité entre corde et corps, entre cordonnées renversées, constellations au ras du sol et le sous-sol liquide fait émerger une autre densité : à quoi nous (r)accrochons-nous ?

K( )SA est la mise en corps des questionnements sur nos liens au cosmos et ànos origines; une enquete autour de la relation entre le corps et la gravite pour chercher d’autres possibilites d’etre a partir d’un changement de perspective, d’un arrangement corporel autre. Pour cela, je prends appui sur l’experimentation avec differentes matieres : l’eau, l’air et la terre.

Comment le rapport entre matiere et densiténous fait ressentir un changement dans la facon d’éprouver la gravite; d’être ? Comment ce ressenti change-t-il notre rapport au milieu ?

Réfléchir àpropos du territoire sur lequel nous nous deplacons et àpropos de la situation du corps comme territoire mène à la possibilitéde questionner nos frontières, la geographie – physique et emotionnelle – et àcreuser les differences entre espace et lieu.

Questionner les repérages spatiaux et temporels et ouvrir la porte àla création d’autres dimensions spatio-temporelles, àd’autres formes possibles de sentir, d’avoir un corps; et pourquoi pas de prendre corps.